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Avez-vous déjà croisé ces images d’un bleu profond, presque surnaturel, qui semblent sorties d’un rêve ancien ? Vous venez sans doute de tomber sous le charme du cyanotype. Cette technique photographique à la fois simple et poétique mêle visuel saisissant et douce nostalgie. Dans un monde saturé d’écrans et d’instantanéité, le cyanotype nous ramène à l’essentiel : le geste, la lumière, le temps. Une invitation à ralentir et à créer autrement. Envie de plonger dans cet univers bleu indigo ? C’est par ici.
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Matériel nécessaire pour tester la technique du cyanotype
Pas à pas pour réaliser des tirages avec la technique du cyanotype

1. Le kit
Dans ce kit pour débuter la technique du cyanotype, vous trouverez 2 flacons de poudre à réhydrater en y ajoutant de l’eau du robinet.
Avec cette quantité, vous réaliserez environ 55 tirages A4 sur papier.
Vos flacons réhydratés resteront utilisables pendant des mois, voire des années, si vous les fermez correctement et les maintenez à l’abri des UV.
Seul le mélange est à utiliser dans les heures qui suivent.

2. Les produits
La réaction chimique de la tehcnique du cyanotype est basée sur 2 produits : le ferricyanure de potassium et le citrate d’amonium ferrique.
Le mélange sera photosensible. Il réagira aux rayons du soleil (directs ou indirects), il faut donc le manipuler à l’abri du soleil.
Mélangez les 2 produits à parts égales pour obtenir une solution vert-marron.
Pensez à mettre des gants pour éviter de vous tacher les mains.

3. Appliquer sur le papier
Toujours à l’abri des rayons UV, déposez la solution obtenue sur du papier, épais de préférence (type papier d’aquarelle). Cela évite qu’il gondole avec l’humidité.
C’est un atelier qui ressemble fort à un TP de chimie, amusez-vous à tester différents papiers !
Laisser sécher, toujours à l’abri des UV.
Vous pouvez conserver des papiers enduits en les rangeant à l’abri du soleil (enveloppe kraft, pochette carton ou boîte en métal) et les insoler par la suite, même après plusieurs mois !
ASTUCE : la solution réagit uniquement aux UV, vous pouvez donc travailler sans souci en intérieur, même avec la lumière électrique allumée. Mais évitez d'être près d'une fenêtre car les UV traversent en partie les vitres. 
4. Sélectionner les végétaux
Profitez des beaux jours pour aller sélectionner vos végétaux en extérieur. Choisissez des formes variées, avec de petites et de grande feuilles, des fleurs avec de petits ou de grands pétales…
Les végétaux plats qui couvriront parfaitement le papier et laisseront une “empreinte” bien nette.
Ceux en volume laisseront passer les UV sur les bords et leur “empreinte” sera plus floue. Les fleurs séchées pressées sont très utiles pour cette activité.

5. Presser vos végétaux
Vous pouvez utiliser une presse pour vos propres végétaux, cela permet d’extraire leur humidité et de bien les conserver.
Vous pourrez alors réutiliser vos végétaux et éviter de les cueillir pour un usage unique.
Intercalez vos végétaux entre des feuilles d’essuie-tout, de journal, de carton, pour absorber leur humidité et vissez bien votre presse.
Laissez sécher pendant plusieurs semaines, en vérifiant régulièrement s’il faut changer les papiers absorbants.

6. Insoler votre création
Placez vos végétaux entre votre papier et la vitre d’un cadre.
Fermez le tout avec précaution, pour que les végétaux soient bien plaqués sur le papier.
Placez ENFIN votre création en plein soleil !
Le temps d’insolation dépend de la saison et des rayons UV, mais globalement, en plein été pour un soleil de mi journée, 10 minutes suffiront largement.
ASTUCE : Testez différents supports et durées d’exposition pour affiner vos résultats de la technique du cyanotype.

7. Enlever les éléments
Après insolation, ouvrez la vitre du cadre et enlevez les végétaux.
S’ils sont séchés, rangez-les pour une prochaine utilisation.
La technique du cyanotype, rend dans un premier temps le papier au marron foncé. Les zones de contact avec les végétaux sont blancs avec un contour bleuté.

8. Rincer à grande eau
Passez votre papier insolé sous l’eau courante, ou dans un grand bac d’eau claire.
Rincez bien le papier en le secouant dans l’eau, afin d’éliminer les restes de solution photosensible.
Le papier commence à prendre cette belle teinte bleue.

9. Découvrir vos créations
Mettez vos créations à sécher entre des feuilles de papier essuie-tout ou en les suspendant à une corde à linge. Attention aux gouttes contenant encore de la solution qui pourraient tacher le sol.
Le bleu s’intensifie encore un peu durant le séchage, mais vous pouvez déjà admirer vos créations avec la technique du cyanotype !

Pas seulement des végétaux…
Toute l’année, vous pouvez utiliser des végétaux secs (séchés ou pressées).
Mais vous pouvez aussi utiliser tout ce qui peut vous inspirer : des dentelles, des lettres, des boutons, des stickers alphabet…
Tout est prétexte à création !
Vous pouvez même imprimer des motifs sur des feuilles transparentes pour les faire apparaître après insolation.
La petite histoire du cyanotype
Le bleu de Prusse : le cœur du cyanotype. Ce bleu intense reste l'un des premiers pigments synthétiques utilisés dans l'art. Il est aussi appelé “bleu de Berlin”, du lieu où il fut accidentellement créé par deux scientifiques au début du XVIIIe siècle. Dans le cyanotype, le bleu de Prusse se forme lorsque le ferricyanure de potassium et le citrate d’ammonium ferrique, après exposition aux rayons UV, subissent une réaction chimique. Cette teinte vibrante et durable confère aux cyanotypes leur signature visuelle unique.

La technique du cyanotype sans soleil
Vous pouvez faire des cyanotypes même sans soleil : il vous suffit d’avoir une lampe UV !
Le temps d’insolation dépend de la puissance de la lampe. Pour ce modèle de lampe, vous pouvez rester sur les 10mn d’exposition estivale. Il faudra juste relancer la minuterie pour arriver au total souhaité.
Si vous avez une autre lampe, il vous faudra faire quelques tests avec des chutes de papier enduit.
Réalisez de préférence, de petites créations (carte, marque-page) pour pouvoir les insoler de façon uniforme sous la petite lampe.
Un peu d’histoire…
La technique du cyanotype est né dans les années 1840 sous l’impulsion de Sir John Herschel, un astronome britannique passionné par les sciences et les arts.
Cherchant un moyen de reproduire des documents scientifiques rapidement (sans les recopier à la main), il a réalisé que la combinaison de deux produits chimiques — le ferricyanure de potassium et le citrate d’ammonium ferrique — avait une propriété fascinante. Mélangés avec de l’eau, appliqués sur un papier, puis exposés à la lumière du soleil, ces composés réagissent pour produire une teinte bleu cyan caractéristique, appelée bleu de Prusse. Cette découverte ne servait pas uniquement des fins scientifiques, elle a également ouvert la voie à une forme d’expression artistique unique. Par sa simplicité et sa beauté, le cyanotype a immédiatement capté l’imagination des scientifiques et des artistes de l’époque.

Anna Atkins, la botaniste du cyanotype
L’histoire du cyanotype ne serait pas complète sans mentionner Anna Atkins.
Fille d’un ami de John Herschel, cette botaniste et artiste anglaise est considérée comme la première femme photographe. Elle a utilisé le cyanotype pour documenter des plantes et des algues.
En 1843, elle a publié Photographs of British Algae: Cyanotype Impressions, un ouvrage qui marie science et art avec une élégance unique. Ce livre reflète parfaitement son amour pour la nature et son talent artistique. Une véritable invitation à explorer cette technique intemporelle !

Merci à Mireia des Ateliers de Mireia pour ce tuto DIY déco inspirant !